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 "Tu es désormais un dragonnier." [Épreuve de validation de Harweírimar]

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Harweírimar

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Humeur : 50 nuances de Fukushima.

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MessageSujet: "Tu es désormais un dragonnier." [Épreuve de validation de Harweírimar]   Dim 4 Oct - 19:03

Le jeune elfe s’en voulait. L’armure d’apparat qu’on lui avait offerte était si complexe qu’elle nécessitait quelqu’un pour l’enfiler sur le corps du futur dragonnier. Celui qui avait été désigné pour cette tâche était le jeune Regis. Un écuyer d’une quinzaine d’années à peine qui se chargeait, lorsqu’on lui demandait, de préparer armes et armures afin que les occupants de la forteresse mènent à bien leurs missions, et soient présentables. Harwe répugnait d’utiliser quelqu’un de la sorte, mais le fait est qu’il n’avait pas vraiment le choix. Entre le haubert, les épaulières, le bassinet, les jambières et la cape… Il aurait paru bien ridicule de vouloir enfiler tout cela tout seul. L’elfe attendait donc patiemment, que le jeune garçon lui torde le dos pour enfiler la cuirasse, lui craque le cou pour mettre le casque… Un traitement qui dura au moins une bonne heure, sinon plus, mais à la fin, l’elfe de feu était méconnaissable.

L’ensemble était tout en argent poli. De tout le métal semblait jaillir des étincelles blanches à la lumière du soleil. Des ornements floraux couraient çà et là sur le plastron, les jambes et les bras. La cape était d’un bleu profond, sur lequel figurait le blason de la souveraine d’Arnëron. Aussi majestueux que cela put l’être, Harwe trouvait quand même que l’ensemble était d’un poids affreux et qu’il résonnait d’une atroce cacophonie dès qu’il faisait le moindre mouvement. Espérons que plus tard il n’aurait pas à devoir subir cette torture tous les jours. Après une rapide inspection, il se retourna vers le serviteur et releva sa visière pour le dévisager de son regard calme et dénué de toute trace de l’inconfort qu’il ressentait.

- Tu as fait du bon travail, Regis, c’est grâce à toi que je peux arriver à l’heure, et donc par extension, que je suis encore vivant.

Le garçon rit timidement, l’elfe sourit. Il était temps de sortir de là et de montrer à tout le monde à quel point, par ses manières, sa prestance et sa majesté, il méritait le titre qu’on allait lui octroyer. Tout en marchant… lentement vers la cour principale d’où allait commencer la cérémonie, le futur dragonnier établit une connexion mentale avec Adraxas pour s’assurer que tout allait pour le mieux. Sans surprise, le reptile géant était anxieux, tout autant que lui, et essayait de chasser ses mauvaises penser en traçant des cercles invisibles dans le ciel, au-dessus de la forteresse. Empathique, Harwe essaya de calmer son ami.

- Ne t’en fais pas Adraxas, tout va bien se passer. Aujourd’hui, nous devenons les symboles de la liberté et de la justice, comme tant d’autres avant nous. Alors ne pense pas tout de suite à ce que tu risques de mal faire, tu t’épargneras des inquiétudes inutiles.

- Je sais, Harwe, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer des imprévus… Si jamais je rentrais trop vite dans la salle, si je me réceptionnais mal et que je heurtais quelques personnes que ce soit… Oh, tu ne peux pas savoir comme je suis inquiet.

- D’habitude, tu n’es pas aussi agité. Aller, calme-toi, veux-tu ? Je te le répète, aucun des hommes présents n’aura jamais vu de meilleur dragon ni de meilleur dragonnier que nous ! Je te dirais quand ce sera à ton tour de me rejoindre, bonne chance mon ami.

- Bonne chance à toi aussi, mais fais vite.

Aucune réponse de la part de l’elfe, la raison était simple, il venait d’arriver à l’entrée de la cour principale. C’était un large espace, pavé de marbre, entouré par d’élégants bâtiments qui étaient ceux réservés aux dirigeants de la caste des dragonniers. Ceux qui parvenaient jusqu’ici faisaient face à un immense édifice aux murs si hauts qu’il fallait se rompre le cou pour en apercevoir la fin. La porte non plus n’était pas négligeable, logique lorsque l’on savait quelle sorte de « résidents » la franchissait régulièrement. Derrière son casque d’argent, Harwe écarquilla les yeux devant une telle majesté. Par réflexe, il leva la tête pour apercevoir du coin de l’œil son compagnon qui continuait de planer, seul avec ses pensées. En baissant les yeux, il remarqua l’attroupement disparate qui s’était formé autour de lui. Deux lignes parallèles de gardes traçait une route toute droite jusqu’à la massive porte aux impressionnantes arcades. Le pas droit et sûr, l’elfe de feu se mit à avancer vers l’entrée grande ouverte de la Salle du Conseil.

L’intérieur était aussi démesuré que le laissait supposer l’architecture. On se laisse facilement perdre dans la hauteur vertigineuse du bâtiment supporté par de larges voutes, le tout formant un rectangle assez spectaculaire, et qui se termine en une alcôve en demi-cercle. C’était là que se trouvaient le Conseil des Dragonniers. Harwe les connaissait, et reconnaissait tous. Il y avait Alex Faylis, Orsir Ridimus et Alicia Pideth pour les humains ; le vénérable Victor Leograth, un vieux dragonnier qui avait, depuis longtemps, perdu son compagnon à la guerre ; et enfin Farion Riren, un elfe noir intimidant, dont la réputation ne cessait de croître.

Le futur dragonnier avança donc, la tête droite, vers ces véritables héros, une effroyable peur qui lui tordait le ventre. Une sensation désagréable ajoutée au poids conséquent de l’armure de cérémonie. Il pouvait être le plus heureux du monde, Harwe souhaitait quand même que cela se termine rapidement… Il arriva finalement devant les cinq conseillers qu’il salua en posant un genou à terre et en baissant la tête. Les plumes de son casque touchaient presque la première marche de l’escalier qui menait à l’estrade sur laquelle étaient perchés les dragonniers.

- Tu peux te relever.

D’un mouvement lent, qui traduisait le lourd poids qui pesait sur les épaules du jeune homme, Harwe se tint de nouveau debout devant ses supérieurs. Il sentait leurs regards posés sur eux, aussi perçants que des lances, appliqués à scruter le moindre de ses mouvements pour déceler chaque faiblesse, chaque hésitation, de l’elfe de feu. Ce dernier supporta patiemment cet interrogatoire psychique et ô combien silencieux. Un silence pesant, plus lourd encore que l’armure qu’il portait alors. Finalement, il entendit les petits claquements du métal contre le sol, l’un d’eux descendait, c’était Alicia Pideth, une dragonnière redoutable et la seule femme du conseil. D'apparence timide, Harwe savait cependant qu'avec ce genre de personnes il ne fallait pas se fier aux apparences...

Elle lui tendait une boîte, une simple boite en bois d’environ un mètre de long, mais sur laquelle était gravé un nom, « Tintagra ». Le jeune elfe savait très bien ce qu’elle contenait, tous les dragonniers avaient la leur, une arme si unique qu’elle portait son propre nom et qui était lié au compagnon du dragonnier. D’un geste démesurément lent, la conseillère entreprit d’ouvrir la boîte qui contenait un coussin de velours pourpre sur lequel reposait… une épée. Une magnifique épée dans son fourreau d’argent décoré d’ornements couleur de l’océan. Emu, Harwe prit, avec une douceur inconsidérée, le fourreau d’argent dans ses mains. Il en sortit brièvement la lame, qui reflétait d’un éclat superbe à la lumière des larges ouvertures dans les murs. Il s’inclina devant Alicia qui remonta les marches, sans un mot, pour reprendre sa place au côté des autres conseillers.

- Maintenant, appelle ton dragon.

L’elfe ne se fit pas prier, il en avait marre d’être le seul à s’afficher devant de si augustes personnages. Il envoya un rapide message mental à Adraxas qui, au bout d’une longue minute, passa  enfin la porte en planant doucement. Il s’arrêta en vol d’un puissant battement d’ailes et atterrit doucement au côté de son compagnon. L’elfe noir s’avança lentement vers lui, descendant les marches, ne cessant de scruter les yeux incandescents du reptile géant. Ce dernier ne cessait d’inonder l’esprit d’Harwe de messages puissants, tous plus chargés d’émotions les uns que les autres. L’anxiété était trop forte pour ce pauvre dragon… Farion sembla entendre cet appel invisible et s’autorisa un rictus amusé avant de prononcer ces mots qui raisonnèrent dans tout l’édifice.

- Adraxas le Véloce, dragon bleu et éternel compagnon d’Harweírimar, jures-tu de le suivre où qu’il aille, même dans la mort, de le protéger à jamais des dangers qu’il ne peut affronter, de toujours œuvrer pour qu’il aille le plus haut possible ?

Le dragon ne répondit pas tout de suite. Non pas qu’il hésitait sur la réponse, mais il lui semblait qu’il ne savait plus parler du tout. Sa voix se bloquait dans sa gorge reptilienne, comme arrêtée par la boule de stress qui s’y nichait depuis le début. Conscient de l’aspect critique de la situation, l’elfe de feu, qui n’avait pas bougé depuis le début, apaisa l’esprit de son ami du mieux qu’il pouvait, et finalement le dragon parvint à répondre au conseiller d’un grognement sonore.

Les yeux sombres de l’elfe noir se tournèrent ensuite vers Harwe qui sembla immédiatement rétrécir de moitié. Quelle magie sublime cet homme maîtrisait donc pour être aussi intimidant ? Malheureusement, ce n’était ni le lieu ni le moment de répondre à de telles questions. Une seule lui fut posée, la même que pour Adraxas, à laquelle il eut la même réaction, le dragon répondant à cela par le même traitement d’apaisement, pour que finalement le jeune elfe répète mot pour mot ce qu’avait dit son compagnon une minute plus tôt, mais avec la voix cette fois-ci.

- Je le jure, sur mon honneur et ma vie.

L’air satisfait, le conseiller reprit sa place, et tous ensembles, les cinq dragonniers proclamèrent :

- Harweírimar aep Thingol, nous te choisissons pour représenter l’ordre des dragonniers à travers le monde. Que ton cœur reste bon, que ta lame reste aiguisée et que tu demeures à jamais le chevalier que nous t’avons appris à être, ici-même. Tu es désormais, officiellement, et pour toujours, un dragonnier. Adraxas, ta mission est d’aider cet homme, d’être là pour l’aider là où cette petite créature, seule, ne peut pas réussir. C’est votre destinée à tous les deux, respectez-là.

Ces mots raisonnèrent dans la poitrine des deux amis comme de puissants tambours. Comme d’infernales vagues qui renversèrent leurs esprits tant ils étaient chargés de promesses silencieuses, d’une magie qui n’en était pas une, d’une puissance insoupçonnée. Manifestement, les conseillers n’attendaient aucune réponse du nouveau dragonnier et de son compagnon, car ils prirent congé d’eux et se dirigèrent promptement vers la sortie. Une minute plus tard, le maître d’armes qui avait entraîné Harwe durant tout ce temps le rejoignit, accompagné de quelques compagnons. Ensembles, ils félicitèrent l’elfe qui les remercia avec une certaine réserve, encore tout secoué par le serment qu’il venait de faire à ces cinq guerriers. Il suivit sans discuter le petit groupe qui lui promettait force boissons et victuailles pour fêter son nouveau rang. Adraxas, quant à lui, repartit voler avec les autres dragons, confiant mentalement son soulagement à Harwe qui fit de même.

Il était désormais un dragonnier… Et il ne venait pas encore de le réaliser. Adraxas au-dessus de la tête, Tintagra à la ceinture, il s’en allait enlever cette horrible armure et s’accorder un repos bien mérité.
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